[…] La crise du coronavirus a montré au grand jour que nul expert, nul chercheur, nul spécialiste , ne pouvait se substituer à la réflexion commune. C’est que ce phénomène est systémique, complexe, et que personne ne possède la science universelle. Il engage aussi bien l’économie mondiale que notre manière de faire les courses au quotidien. La crise est précisément ce moment où ce que l’on croyait savoir, on ne le sait plus.

Il y a toujours quelque chose de révoltant à se dire qu’on ne sait pas quand on pense qu’il y aurait, quelque part, une réponse définitive à nos questions.

[…] Au coeur de ces crises, le non-savoir est donc une invitation à la réflexion démocratique. C’est pourquoi, dire comme Socrate au V ème siècle avant J.C. , « je sais que je ne sais pas » est la réponse la plus révolutionnaire aux crises systémiques que nous traversons aujourd’hui.

Mais ce n’est pas parce que nous sommes désorientés et que nous ne re-connaissons plus le monde, qu’il s’agirait de renoncer à la création à la création de nouveaux savoirs pour le transformer, le perpétuer et y vivre de la manière la plus humaine possible.

[…] Reconnaitre un non-savoir est paradoxalement le fondement de l’action collective, ce qui nous réunit pour penser ensemble et inventer de nouveaux savoirs, savoir-faire, et savoir-être. C’est la clef d’une reprise en main de nos existences.

 

Sébastien Claeys – Socialter – Militer par temps de crise P.66

« Les poètes ont créé une lune métaphorique et les savants une lune algébrique. La lune réelle est entre les deux. C’est cette lune que j’avais sous les yeux ».

Victor Hugo