Hétéronomie : ce moment où la société, donc les gens qui en font partie, ne se rend  plus compte que tout provient d’elle-même et non d’un « aiilleurs », d’une « vérité première », d’une loi (divine, de la nature, d’une histoire) extérieure s’imposant à la société.

 

Le mythe de l’autonomie est particulier parce qu’il postule précisément que la modernité ne nécessiterait pas de mythe, qui serait l’affaire d’une humanité moins au fait d’elle-même et des mécanismes qui règlent le monde.

Foncièrement évolutionniste et ethnocentriste, il postule en effet que l’Occident serait l’accomplissement et l’aboutissement d’un devenir adulte de l’humanité, et il fonde la modernité comme rupture anthropologique, voire ontologique, par rapport au « reste de l’humanité » qui, du coup, devient son Autre.

4Or la modernité échappe-t-elle à la constitution hétéronome du simple fait que ses sociétés prétendent trouver en elles-mêmes le fondement de leurs propres lois ? Rien n’est moins certain, car il est possible de dire, tout en prenant le contre-pied du mythe de l’autonomie, que la modernité n’a pu se dégager des fondements théologiques de l’hétéronomie chrétienne qu’au prix de nouvelles sacralisations : l’Individu, la Nation, le Progrès, la Raison, la Croissance économique, l’Humanité, c’est-à-dire autant de nouvelles formes d’hétéronomie. Un survol rapide de l’histoire moderne aura tôt-fait de témoigner de la manière dont ces sacralisations imposent leurs nécessités et leurs normes (« du dehors ») aux hommes pourtant supposés autonomes : l’appel de la nation, la création de l’homme nouveau et de la société nouvelle, le commencement d’une nouvelle ère, etc.

Socialter – la fabrique des imaginaires – Castoriadis Géant imaginaire – Galaad Wilgos

We wouldn’t say that we don’t trust plants — it’s just that we do not adhere to any sort of notion that the flora of this world are docile, passive or even innocent life forms. Their gentle visage is really mainly due to our unavoidable anthropocentrism; our inability to grok that “life” takes place at different speeds (accelerated videos show green tendrils as nothing if not wildly whipping and groping). The relaxing, shaded quietude of trees when windless, might actually be an infinitely aggressive poise. The soothing rustling of solar cells we hear during gustier times, might be a kind of raving. Of course the truth is that the activity of plants is simply unintelligible to us — interdependent creatures but with attributes and subsequent behaviors completely parallel to our own. To us there seems no need to look to extra terrestrials for alien life; the most mysterious ones are right in view almost at all times. Familiarity breeds invisibility apparently.

 

Nous ne dirions pas que nous ne faisons pas confiance aux plantes – c’est simplement que nous n’adhérons à aucune notion selon laquelle la flore de ce monde est une forme de vie docile, passive ou même innocente. Leur visage doux est en fait principalement dû à notre anthropocentrisme incontournable; notre incapacité à dire que la «vie» se déroule à des vitesses différentes (des vidéos accélérées montrent des vrilles vertes comme rien sinon fouetter et tâtonner sauvagement). La quiétude relaxante et ombragée des arbres sans vent, pourrait en fait être un équilibre infiniment agressif. Le bruissement apaisant des cellules solaires que nous entendons pendant les périodes de rafales, pourrait être une sorte de délire. Bien sûr, la vérité est que l’activité des plantes est tout simplement inintelligible pour nous – des créatures interdépendantes mais avec des attributs et des comportements ultérieurs complètement parallèles aux nôtres. Pour nous, il ne semble pas nécessaire de se tourner vers des extraterrestres pour la vie extraterrestre; les plus mystérieux sont visibles à tout moment. La familiarité engendre apparemment l’invisibilité.

La notion de « biorégionalisme » est formulée au cours des années 1970 par Peter Berg (1937-2011), fondateur avec Judith Goldhaft de la Planet Drum Foundation à San Francisco en 1973, et de Raymond Dasmann (1919-2002), biologiste et instigateur du Programme Biosphère de l’Unesco. Pour eux, les êtres humains appartiennent au monde vivant qui conditionne une biorégion, avec sa géographie, son climat, son bassin hydrographique, ses temporalités, etc. Ce sont les habitants qui sont les mieux placés pour délimiter leur biorégion en tenant compte à la fois de la diversité biologique et des conditions environnementales. Aucune biorégion ne ressemble à une autre. Sa délimitation se reconfigure suite aux interactions entre ses éléments constitutifs. Nous pouvons dire qu’une biorégion résulte à la fois des écosystèmes entremêlés les uns aux autres et des imaginaires des habitants. En cela, la biorégion est le produit des « sciences naturelles » et de la culture des humains.

https://www.wildproject.org/l-art-d-habiter-la-terre.php