Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce

Lola Lafon

Les inégalités ont atteint un niveau qui dépasse l’entendement : Oxfam l’a révélé en début d’année : 8 personnes détiennent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

Un système économique biaisé, construit pour profiter aux plus riches, est à l’origine des ces inégalités. Les grandes banques en sont un élément clé comme l’ont révélé des scandales récents tels que les Panama Papers. Pourtant, le monde des paradis fiscaux et des grandes banques reste entouré de mystère.

A travers une étude inédite, Oxfam met aujourd’hui en lumière le rôle toujours prépondérant tenu par les paradis fiscaux dans les activités des 20 plus grandes banques européennes parmi lesquelles, BNP Paribas, Deustch Bank, HSBC, Société Générale, Santander, Intessa, etc. Le constat est sans appel : 1 euro sur 4 de leurs bénéfices est enregistré dans un paradis fiscal, soit un total de 25 milliards d’euros pour la seule année 2015. Alors que ces banques déclarent 26% de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux mais seulement 7% de leurs employés, ces chiffres montrent un décalage entre les bénéfices déclarés dans les paradis fiscaux et le activités économiques réelles des banques dans des territoires offshore où elles sont faiblement voire pas du tout soumises à l’impôt.

 

  • Dans le monde, depuis 2015, les 1 % les plus riches détiennent autant de richesses que les 99 % restants

  • Source OXFAM

il faut, tout d’abord , apprendre [aux élèves ] à voir ce que l’on voit, comme l’écrivait Peguy. Ce qui n’est pas anodin. D.un point de vue intellectuel, éthique, existentiel. À voir, donc, son quartier, les routes, les flux, les carrefours, les boutiques, l’agencement des voies, ses camarades, ses parents, soi-même, ses professeurs, les tics de langage des uns et des autres, les expressions du moment, les modes vestimentaires, les habitudes, les réflexes, les singularités, les permanences. […] il faut être capable d’entendre les harmoniques et la richesse de ce qui est à priori le plus plat, le plus univoque et dénué d’intérêt.

[…] On se fixe pour défit de transmettre [aux enfants ] les moyens d’avoir une appréhension personnelle, active et intriguée d’un monde dont plus personne ne peut vraiment prétendre aujourd’hui détenir les clés d’interprétation et d’appréhension. L’attention me semble ainsi un magnifique rempart contre la désolation, la frustration et l’incompréhension .

Lattention, rempart contre la désolation – réenchantement le monde. Mara Goyet .

Le monde -18 août 2016

Le Manifeste d’économistes atterrés est un manifeste créé par un groupe d’économistes composé de Philippe Askenazy du CNRS ; Thomas Coutrot du conseil scientifique d’Attac ; André Orléan du CNRS et de l’EHESS, président de l’Association Française d’Économie Politique ; Henri Sterdyniak de l’OFCE ; qui, après la crise dite des subprimes, sont atterrés de voir que rien n’a changé dans les discours soutenant le libéralisme économique, ni dans les politiques économiques qui ont conduit à cette catastrophe[1].

« Nous étions très surpris après l’effondrement de Lehman de voir qu’on en était revenu deux ans après aux mêmes modèles qui avaient conduit le système au bord de l’effondrement. La sphère financière, sauvée par les États, imposait à nouveau des réformes structurelles, des ajustements brutaux aux populations. Toutes ces mesures ont été prises sans réflexion, sans mesurer les risques, sans remise en cause », dit Philippe Askenazy[1].

La publication du manifeste et son succès médiatique ont mené à la création d’une association, Les économistes atterrés.

En ce début d’année 2016, Oxfam révèle dans un nouveau rapport « Une économie au service des 1 % » que 62 personnes détiennent à elles seules autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Ce chiffre était de 388 il y a juste 5 ans… Les inégalités se creusent toujours davantage et de façon accélérée.

Je crois que, malgré l’adversité, je me sens stimulé de voir que l’on a affaire à deux vieilles barbaries. Celle que l’on connaît, l’ancienne – de la cruauté, de la haine, du mépris –, et la nouvelle – glacée – des calculateurs et des éconocrates. Nous devons résister aux barbaries, qu’elles s’appellent vichysme rampant ou néolibéralisme. Cette résistance me rend vivant. La force qui m’anime vient d’une certitude. Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement je suis une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose se passe, se transforme, bascule… C’est cela, l’espoir.

Edgar Morin

http://www.terraeco.net/Edgar-Morin-Il-n-y-a-pas-de,56141.html

« Éveillés, ils dorment. »

HÉRACLITE

Tout est toujours à remailler du monde

Tout est toujours à remailler du monde. Le paradis est épars, je le sais, C’est la tâche terrestre d’en reconnaître Les fleurs disséminées dans l’herbe pauvre,

Yves Bonnefoy, L’adieu, Ce qui fut sans lumière, Mercure de France, 1987

Yves Bonnefoy, L’adieu, Ce qui fut sans lumière, Mercure de France, 1987

Tout est toujours à remailler du monde

Tout est toujours à remailler du monde. Le paradis est épars, je le sais, C’est la tâche terrestre d’en reconnaître Les fleurs disséminées dans l’herbe pauvre,Yves Bonnefoy, L’adieu, Ce qui fut sans lumière, Mercure de France, 1987

Tout est toujours à remailler du monde

Tout est toujours à remailler du monde. Le paradis est épars, je le sais, C’est la tâche terrestre d’en reconnaître Les fleurs disséminées dans l’herbe pauvre,Yves Bonnefoy, L’adieu, Ce qui fut sans lumière, Mercure de France, 1987