[…] La crise du coronavirus a montré au grand jour que nul expert, nul chercheur, nul spécialiste , ne pouvait se substituer à la réflexion commune. C’est que ce phénomène est systémique, complexe, et que personne ne possède la science universelle. Il engage aussi bien l’économie mondiale que notre manière de faire les courses au quotidien. La crise est précisément ce moment où ce que l’on croyait savoir, on ne le sait plus.

Il y a toujours quelque chose de révoltant à se dire qu’on ne sait pas quand on pense qu’il y aurait, quelque part, une réponse définitive à nos questions.

[…] Au coeur de ces crises, le non-savoir est donc une invitation à la réflexion démocratique. C’est pourquoi, dire comme Socrate au V ème siècle avant J.C. , « je sais que je ne sais pas » est la réponse la plus révolutionnaire aux crises systémiques que nous traversons aujourd’hui.

Mais ce n’est pas parce que nous sommes désorientés et que nous ne re-connaissons plus le monde, qu’il s’agirait de renoncer à la création à la création de nouveaux savoirs pour le transformer, le perpétuer et y vivre de la manière la plus humaine possible.

[…] Reconnaitre un non-savoir est paradoxalement le fondement de l’action collective, ce qui nous réunit pour penser ensemble et inventer de nouveaux savoirs, savoir-faire, et savoir-être. C’est la clef d’une reprise en main de nos existences.

 

Sébastien Claeys – Socialter – Militer par temps de crise P.66

« l’art accomplit sa mission quand il crée des émotions. Il est ce qui exalte notre condition d’humain. Il peut le faire en témoignant, en questionnant et en dérangeant. Mais les causes dites politiques au sens premier du terme — c’est-à-dire la vie de la cité — ne sont pas ses seuls endroits de légitimité. L’intime, les rêves, les relations entre les individus, le temps qui passe: l’art peut et doit se saisir de tout ce qui est notre vie. »

Stéphane Brizé

La guerre des mots est importante, ce sont des graines, elle ensemence nos imaginaires. Tâchons de privilégier les métaphores du vivant : le nid, la poussée, la croissance d’un enfant ou d’une plante, le tissage des hyphes d’un mycélium, l’éclatement en ombelle d’un collectif… Pour moi, dès qu’on place « anti- »« contre- »« dé- » devant un mot de l’ennemi, on fait mal le travail.

Alain Damasio https://reporterre.net/Alain-Damasio-Pour-le-deconfinement-je-reve-d-un-carnaval-des-fous-qui-renverse-nos-rois-de-pacotille

Pablo Picasso disait « Dans chaque enfant il y a un artiste, le problème est de savoir comment rester artiste en grandissant »

Natalini écrivait en 1971 : « …si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture sert plutôt à codifier le modèle bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’architecture et l’urbanisme sont plutôt la formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous devons rejeter l’urbanisation et ses villes… jusqu’à ce que tout acte de design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D’ici là, le design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture. »1.

Les multiples exemples de réalisations qui reposent sur  la carte Arduino prouvent que les dimensions empiriques et appropriables de cet outil sont bien devenues une réalité. Arduino se présente sous les contours non formés d’une carte électronique détachée, détachable et connectable à tout type d’objets. Elle permet un montage et un démontage qui repose entièrement sur une « disponibilité », une relative indétermination dont la seule limite est l’imagination humaine. Si l’on suit Gilbert Simondon, l’objet technique devenu détachable peut être groupé avec d’autres objets techniques selon tel ou tel montage : le monde technique offre une disponibilité indéfinie de groupements et de connexions. Car il se produit une libération de la réalité humaine cristallisée en objet technique ;

construire un objet technique, c’est préparer une disponibilité

 

Un Design diffus Camille Bosqué

« All projects are floating around in the collective unconscious.  You just [have] to reach out and grab one. »  Delia Gonzales in The Creative Independent

Dans l’antiquité grecque, dans un temps qui n’est pas encore tourné vers le progrès, le Kairos désigne le moment qui interromps le cours du temps qui chaque jour recommence. Cet évènement vient briser le quotidien c’est ce à quoi on ne s’attend pas. Pour tirer profit de cette occasion, il faut, comme Ulysse, faire preuve d’une intelligence rusée, que les grecs nommaient mètis. Le Monde – samedi 10 juin 2017

« Le monde est tellement ceinturé d’impossibles … Il faut de la patience et du taillant »

René Char – Braque