Hétéronomie : ce moment où la société, donc les gens qui en font partie, ne se rend  plus compte que tout provient d’elle-même et non d’un « aiilleurs », d’une « vérité première », d’une loi (divine, de la nature, d’une histoire) extérieure s’imposant à la société.

 

Le mythe de l’autonomie est particulier parce qu’il postule précisément que la modernité ne nécessiterait pas de mythe, qui serait l’affaire d’une humanité moins au fait d’elle-même et des mécanismes qui règlent le monde.

Foncièrement évolutionniste et ethnocentriste, il postule en effet que l’Occident serait l’accomplissement et l’aboutissement d’un devenir adulte de l’humanité, et il fonde la modernité comme rupture anthropologique, voire ontologique, par rapport au « reste de l’humanité » qui, du coup, devient son Autre.

4Or la modernité échappe-t-elle à la constitution hétéronome du simple fait que ses sociétés prétendent trouver en elles-mêmes le fondement de leurs propres lois ? Rien n’est moins certain, car il est possible de dire, tout en prenant le contre-pied du mythe de l’autonomie, que la modernité n’a pu se dégager des fondements théologiques de l’hétéronomie chrétienne qu’au prix de nouvelles sacralisations : l’Individu, la Nation, le Progrès, la Raison, la Croissance économique, l’Humanité, c’est-à-dire autant de nouvelles formes d’hétéronomie. Un survol rapide de l’histoire moderne aura tôt-fait de témoigner de la manière dont ces sacralisations imposent leurs nécessités et leurs normes (« du dehors ») aux hommes pourtant supposés autonomes : l’appel de la nation, la création de l’homme nouveau et de la société nouvelle, le commencement d’une nouvelle ère, etc.

Socialter – la fabrique des imaginaires – Castoriadis Géant imaginaire – Galaad Wilgos

‘I’m allowing my subconscious to take over, so that I can free associate. You have to be in a state of play to design. If you’re not in a state of play, you can’t make anything.’   Paula Scher

Aujourd’hui je n’ai rien fait. Mais beaucoup de choses se sont faites en moi. Des oiseaux qui n’existent pas ont trouvé leur nid. Des ombres qui peut-être existent ont rencontré leur corps. Des paroles qui existent ont recouvré leur silence. Ne rien faire sauve parfois l’équilibre du monde, en obtenant que quelque chose aussi pèse sur le plateau vide de la balance.

« Chaque jour nouveau a pour lui  la dynamique de la naissance » –

Bachelard, L’eau et les rêves

Mais il est une expérience que, malgré tout ce qui les sépare, les scientifiques allemands détenus ce soir là à Farm Hall partagent avec leurs collègues américains : c’est d’avoir, selon l’expression si exacte d’Oppenheimer, « connu le péché ». Car la bombe est l’œuvre collective de tous les physiciens. Ils aimaient la pureté de la connaissance fondamentale, le ciel des idées. Ils méprisaient les conditions bassement utilitaires et travaillaient tous dans un domaine d’une inimaginable abstraction. Ils ont pourtant offert au monde l’outil de sa propre destruction.

Cela, c’est le péché, qui, comme chaque péché originel, prend ses racines dans l’innocence.

Jérôme Ferrari – Hiroshima – Nagasaki – 70 ans après  – Jeudi 6 août 2015

La terre, être silencieux dont nous sommes l’une des expressions vivantes, recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l’espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu’au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences. Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées…Pierre Rabhi

 

« Ik n’y a rien de grand sans une part d’inutile. »

Ruedi Bauer – article sur la signalétique dans les villes

« Faites de bêtises, mais faites-le avec enthousiasme. »

Colette

« Moi, je veux vivre jusqu’au dernier moment,  me rebeller, je veux que la mort me surprenne en faisant des choses, qu’elle soit un accident qui interrompe mes projets. Je ne veux pas devenir quelqu’un qui a peur de se renouveler ».

Vargas Llosa