We wouldn’t say that we don’t trust plants — it’s just that we do not adhere to any sort of notion that the flora of this world are docile, passive or even innocent life forms. Their gentle visage is really mainly due to our unavoidable anthropocentrism; our inability to grok that “life” takes place at different speeds (accelerated videos show green tendrils as nothing if not wildly whipping and groping). The relaxing, shaded quietude of trees when windless, might actually be an infinitely aggressive poise. The soothing rustling of solar cells we hear during gustier times, might be a kind of raving. Of course the truth is that the activity of plants is simply unintelligible to us — interdependent creatures but with attributes and subsequent behaviors completely parallel to our own. To us there seems no need to look to extra terrestrials for alien life; the most mysterious ones are right in view almost at all times. Familiarity breeds invisibility apparently.

 

Nous ne dirions pas que nous ne faisons pas confiance aux plantes – c’est simplement que nous n’adhérons à aucune notion selon laquelle la flore de ce monde est une forme de vie docile, passive ou même innocente. Leur visage doux est en fait principalement dû à notre anthropocentrisme incontournable; notre incapacité à dire que la «vie» se déroule à des vitesses différentes (des vidéos accélérées montrent des vrilles vertes comme rien sinon fouetter et tâtonner sauvagement). La quiétude relaxante et ombragée des arbres sans vent, pourrait en fait être un équilibre infiniment agressif. Le bruissement apaisant des cellules solaires que nous entendons pendant les périodes de rafales, pourrait être une sorte de délire. Bien sûr, la vérité est que l’activité des plantes est tout simplement inintelligible pour nous – des créatures interdépendantes mais avec des attributs et des comportements ultérieurs complètement parallèles aux nôtres. Pour nous, il ne semble pas nécessaire de se tourner vers des extraterrestres pour la vie extraterrestre; les plus mystérieux sont visibles à tout moment. La familiarité engendre apparemment l’invisibilité.

La guerre des mots est importante, ce sont des graines, elle ensemence nos imaginaires. Tâchons de privilégier les métaphores du vivant : le nid, la poussée, la croissance d’un enfant ou d’une plante, le tissage des hyphes d’un mycélium, l’éclatement en ombelle d’un collectif… Pour moi, dès qu’on place « anti- »« contre- »« dé- » devant un mot de l’ennemi, on fait mal le travail.

Alain Damasio https://reporterre.net/Alain-Damasio-Pour-le-deconfinement-je-reve-d-un-carnaval-des-fous-qui-renverse-nos-rois-de-pacotille

le monde ne mourra pas par manque de merveilles mais par manque d’émerveillement

Anonyme

Lorsque nous parlons de la nature, nous ne devons pas oublier que nous en faisons partie et que nous devons nous considérer avec autant de curiosité et de sincérité que lorsque nous étudions un arbre, un ciel ou une idée. Car il y a un rapport de nous au reste de l’univers, nous pouvons le découvrir et ensuite ne plus essayer de le dépasser.

Apollinaire – Entretien avec Matisse – cité dans « Henri Matisse, écrits et propos sur l’art » p.54

Le vrai défi pour nous n’est plus d’aller toujours plus loin, mais, ici, maintenant, de réapprendre à habiter et à aimer notre monde et nos propres corps.

F. X. Bellamy Time to philo

« Je crois que le futur – le destin de la musique, le mien, ainsi que celui des autres – est confié au vent. Après tout, si les arbres fleurissent, c’est afin de mieux se disperser au printemps. »

Beat Furrer

« […] mais mon travail a un message précisément parce que je ne cherche pas à en avoir un  »

Andy Goldsworthy

« Et pourquoi l’homme est-il sur terre ? »

« Pour contempler le ciel »

Pythagore

« En nous l’homme de tous les temps. En nous tous les hommes. En nous l’animal, le végétal, le minéral. L’homme n’est pas seulement homme, il est univers ».

Aimé Césaire

La terre, être silencieux dont nous sommes l’une des expressions vivantes, recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l’espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu’au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences. Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées…Pierre Rabhi