Dans l’antiquité grecque, dans un temps qui n’est pas encore tourné vers le progrès, le Kairos désigne le moment qui interromps le cours du temps qui chaque jour recommence. Cet évènement vient briser le quotidien c’est ce à quoi on ne s’attend pas. Pour tirer profit de cette occasion, il faut, comme Ulysse, faire preuve d’une intelligence rusée, que les grecs nommaient mètis. Le Monde – samedi 10 juin 2017

il faut, tout d’abord , apprendre [aux élèves ] à voir ce que l’on voit, comme l’écrivait Peguy. Ce qui n’est pas anodin. D.un point de vue intellectuel, éthique, existentiel. À voir, donc, son quartier, les routes, les flux, les carrefours, les boutiques, l’agencement des voies, ses camarades, ses parents, soi-même, ses professeurs, les tics de langage des uns et des autres, les expressions du moment, les modes vestimentaires, les habitudes, les réflexes, les singularités, les permanences. […] il faut être capable d’entendre les harmoniques et la richesse de ce qui est à priori le plus plat, le plus univoque et dénué d’intérêt.

[…] On se fixe pour défit de transmettre [aux enfants ] les moyens d’avoir une appréhension personnelle, active et intriguée d’un monde dont plus personne ne peut vraiment prétendre aujourd’hui détenir les clés d’interprétation et d’appréhension. L’attention me semble ainsi un magnifique rempart contre la désolation, la frustration et l’incompréhension .

Lattention, rempart contre la désolation – réenchantement le monde. Mara Goyet .

Le monde -18 août 2016

« Éveillés, ils dorment. »

HÉRACLITE

Si vous ne savez pas où vous allez, n’importe quel chemin vous y mènera.

Lewis Caroll