« l’art accomplit sa mission quand il crée des émotions. Il est ce qui exalte notre condition d’humain. Il peut le faire en témoignant, en questionnant et en dérangeant. Mais les causes dites politiques au sens premier du terme — c’est-à-dire la vie de la cité — ne sont pas ses seuls endroits de légitimité. L’intime, les rêves, les relations entre les individus, le temps qui passe: l’art peut et doit se saisir de tout ce qui est notre vie. »

Stéphane Brizé

La notion de « biorégionalisme » est formulée au cours des années 1970 par Peter Berg (1937-2011), fondateur avec Judith Goldhaft de la Planet Drum Foundation à San Francisco en 1973, et de Raymond Dasmann (1919-2002), biologiste et instigateur du Programme Biosphère de l’Unesco. Pour eux, les êtres humains appartiennent au monde vivant qui conditionne une biorégion, avec sa géographie, son climat, son bassin hydrographique, ses temporalités, etc. Ce sont les habitants qui sont les mieux placés pour délimiter leur biorégion en tenant compte à la fois de la diversité biologique et des conditions environnementales. Aucune biorégion ne ressemble à une autre. Sa délimitation se reconfigure suite aux interactions entre ses éléments constitutifs. Nous pouvons dire qu’une biorégion résulte à la fois des écosystèmes entremêlés les uns aux autres et des imaginaires des habitants. En cela, la biorégion est le produit des « sciences naturelles » et de la culture des humains.

https://www.wildproject.org/l-art-d-habiter-la-terre.php

La guerre des mots est importante, ce sont des graines, elle ensemence nos imaginaires. Tâchons de privilégier les métaphores du vivant : le nid, la poussée, la croissance d’un enfant ou d’une plante, le tissage des hyphes d’un mycélium, l’éclatement en ombelle d’un collectif… Pour moi, dès qu’on place « anti- »« contre- »« dé- » devant un mot de l’ennemi, on fait mal le travail.

Alain Damasio https://reporterre.net/Alain-Damasio-Pour-le-deconfinement-je-reve-d-un-carnaval-des-fous-qui-renverse-nos-rois-de-pacotille

le monde ne mourra pas par manque de merveilles mais par manque d’émerveillement

Anonyme

Ne croyez pas – sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l’univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d’exorciser toute chose en l’appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante – ne croyez pas que c’en est fait pour autant de l’Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu’elle semble vous suivre comme un chien. Voici l’éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène – si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il !

Léon-Paul fargue

Qu’elle soit longue, au moins, Cette vie qu’il faut vivre.

Car difficile Est la leçon. Guillevic (Sphère, p.25, Poésie/Gallimard)

«  »Rien n’est vrai, tout est vivant »

Edouard Glissant . La terre, le feu, l’eau et les vents. Une anthologie de la poésie du Tout-Monde »

« All projects are floating around in the collective unconscious.  You just [have] to reach out and grab one. »  Delia Gonzales in The Creative Independent

Le vrai défi pour nous n’est plus d’aller toujours plus loin, mais, ici, maintenant, de réapprendre à habiter et à aimer notre monde et nos propres corps.

F. X. Bellamy Time to philo