La vie en communauté est impossible sans la production de certitudes qui permettent aux humains d’évoluer dans leurs environnements sans devoir, à chaque instant, réfléchir aux raisons profondes, à la légitimité ou aux conséquences de leurs pratiques. Les certitudes permettent l’anticipation, de la plus banale à la plus complexe : pouvoir acheter du pain dans une boulangerie (et non au guichet de la SNCF) sans devoir repenser toute l’histoire et toutes les étapes techniques qui ont permis l’existence du blé cultivé, le principe de la cuisson, l’argent comme moyen d’échange, les lieux spécifiques destinés à des activités particulières, etc.

Cette capacité à l’anticipation est indispensable à une vie « normale » en société. Nulle part les acteurs sociaux, qu’ils soient parmi les plus humbles ou parmi les dominants, Occidentaux ou membres de petites sociétés distantes, ne maîtrisent ni même ne saisissent l’ensemble des systèmes de représentation, des codes et des symboles, des normes et des valeurs sociales qui pourtant constituent les fondements de ces certitudes. Les humains les appliquent sans devoir les évaluer ou les juger, et le plus souvent sans même en être conscients.

Dès lors que nous acceptons l’idée selon laquelle la vie sociale ne peut exister sans un ensemble de certitudes, et que nous réalisons aussi que ces certitudes ne sont nullement neutres ni objectives mais historiquement et donc culturellement situées, nous devons en conclure que ces certitudes ne sont que des productions sociales. Pour preuve, d’autres sociétés dans d’autres lieux vivent selon d’autres certitudes qu’elles pensent pourtant tout autant « naturelles » et « rationnelles ». Les certitudes sont des conventions, des consensus, des régimes de vérité.

Alors, si la production de certitudes est une caractéristique fondamentale du social, où placer l’incertitude et comment analyser celle produite par la pandémie pour en anticiper les conséquences ?

le monde ne mourra pas par manque de merveilles mais par manque d’émerveillement

Anonyme

« Les masculinités sont un point aveugle de l’histoire, de la philosophie et de la morale. »

https://www.telerama.fr/idees/domination-masculine-comment-tout-a-male-tourne,n6440155.php

Universel, le patriarcat ? À Sumatra ou en Chine existent des sociétés organisées autour des mères, où aucun sexe n’a le pouvoir. Un modèle, pour la philosophe Heide Goettner-Abendroth.

Chez les Minangkabau du Sumatra occidental (la population matriarcale la plus importante à ce jour, avec trois millions de personnes), il existe un adage : « Si un homme veut être respecté, il doit se comporter comme une bonne mère. »

https://www.telerama.fr/idees/le-matriarcat-est-il-lavenir-de-lhomme%2Cn6581210.php

Natalini écrivait en 1971 : « …si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture sert plutôt à codifier le modèle bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’architecture et l’urbanisme sont plutôt la formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous devons rejeter l’urbanisation et ses villes… jusqu’à ce que tout acte de design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D’ici là, le design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture. »1.

Motivating changes to our behaviour requires an expanded strategy. We need to communicate the fact of climate change to hearts as well as heads, to emotions as well as minds. #IceWatchLondon

« Despair is the state we fall into when our imagination fails. When we have no stories that describe the present and guide the future, hope evaporates. Political failure is, in essence, a failure of imagination. » – George Monbiot, Out of the Wreckage. @GeorgeMonbiot #COP24

« All projects are floating around in the collective unconscious.  You just [have] to reach out and grab one. »  Delia Gonzales in The Creative Independent

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce

Lola Lafon